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Stratégie créateur 17/08/2026 11 min de lecture 1 vues

Filmer des inconnus pour Instagram : ce que dit le droit

Micro-trottoirs, pranks, Meta Glasses : peut-on filmer et publier des inconnus sur Instagram ? Les règles à connaître pour les créateurs.

Filmer des inconnus pour Instagram : ce que dit le droit

Micro-trottoirs, pranks, Meta Glasses : peut-on filmer et publier des inconnus sur Instagram ? Les règles à connaître pour les créateurs.

Créateur filmant une personne avec des lunettes connectées pour une vidéo Instagram
Sommaire
  1. Filmer des inconnus pour Instagram : les créateurs doivent-ils désormais demander leur autorisation ?
  2. Pourquoi cette affaire concerne beaucoup plus de créateurs qu’on ne le pense
  3. En France, être dans un lieu public ne signifie pas que son image est librement exploitable
  4. « Il savait que je le filmais » ne signifie pas nécessairement « il accepte que je publie »
  5. Le problème des Meta Glasses rend le consentement encore plus difficile
  6. Instagram ne sanctionne pas simplement le fait de filmer avec des lunettes
  7. Micro-trottoir : faut-il demander une autorisation à chaque personne ?
  8. Le meilleur workflow pour les créateurs
  9. Le floutage peut sauver énormément de contenus
  10. Attention également aux enfants
  11. Pourquoi le problème va probablement s’amplifier
  12. Et c’est aussi une question de confiance avec son audience
  13. Créateurs : la viralité ne doit pas supprimer le consentement
  14. FAQ
  15. Sources
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Filmer des inconnus pour Instagram : les créateurs doivent-ils désormais demander leur autorisation ?

Une caméra dans une paire de lunettes. Une interaction de quelques secondes dans la rue. Un montage rapide. Puis plusieurs centaines de milliers, parfois des millions de vues sur Instagram.

Les vidéos de type micro-trottoir, prank, « cold approach » ou interaction spontanée avec des inconnus sont devenues un format extrêmement courant sur les réseaux sociaux.

Mais une polémique autour des Meta AI Glasses rappelle une réalité que beaucoup de créateurs oublient : pouvoir filmer quelqu’un ne signifie pas nécessairement pouvoir publier son image.

Une enquête publiée le 16 août 2026 par Business Insider montre qu’Instagram peine encore à faire disparaître certaines vidéos dans lesquelles des personnes sont filmées à leur insu ou confrontées à des comportements pouvant relever du harcèlement, malgré une intervention publique d’Adam Mosseri quelques semaines auparavant.

Pour les créateurs français, cette affaire dépasse largement les seules lunettes connectées de Meta.

Elle pose une question essentielle :

peut-on encore construire un format viral en utilisant l’image d’inconnus sans leur demander clairement leur autorisation ?

La réponse mérite d’être nuancée.

Ce qui vient de se passer sur Instagram

Depuis plusieurs mois, les lunettes connectées de Meta sont utilisées pour enregistrer des vidéos en vue subjective sans avoir à tenir un smartphone.

Meta explique que ses lunettes disposent d’une LED blanche visible lorsqu’une photo ou une vidéo est enregistrée. Sur les générations récentes, masquer ou altérer cette LED peut désactiver automatiquement la caméra.

Le problème n’est donc pas uniquement technologique.

Certains créateurs utilisent ces lunettes pour réaliser des vidéos dans lesquelles ils abordent des inconnus, notamment des femmes, ou organisent des pranks avec des employés et des personnes rencontrées dans des lieux publics.

Face à la polémique, Adam Mosseri avait indiqué qu’Instagram retirerait les contenus utilisant ce type de procédé lorsqu’ils exploitent ou harcèlent les personnes filmées.

Meta dispose déjà de règles contre le harcèlement et affirme ne pas tolérer les contenus relevant du bullying ou du harcèlement sur Facebook et Instagram.

Pourtant, l’enquête publiée le 16 août par Business Insider montre que l’application de ces règles reste imparfaite.

Le média explique avoir identifié plus d’une vingtaine de vidéos problématiques encore accessibles. Après leur signalement à Meta, plusieurs ont été retirées, mais d’autres sont restées en ligne.

Il ne s’agit donc pas d’un nouvel algorithme Instagram annoncé le 16 août.

C’est plutôt le révélateur d’un problème qui va devenir de plus en plus important avec les lunettes, caméras miniatures et appareils permettant de filmer sans sortir son téléphone.

Pourquoi cette affaire concerne beaucoup plus de créateurs qu’on ne le pense

Il serait facile de conclure :

« Je n’utilise pas de Meta Glasses, donc cela ne me concerne pas. »

Ce serait une erreur.

La question concerne potentiellement tous les formats dans lesquels une personne identifiable devient une partie importante du contenu :

  • micro-trottoirs ;
  • caméras cachées ;
  • pranks ;
  • expériences sociales ;
  • réactions dans la rue ;
  • vidéos de séduction ;
  • interviews spontanées ;
  • employés filmés dans des commerces ;
  • clients filmés dans un restaurant ;
  • personnes filmées à la salle de sport ;
  • passants utilisés comme élément principal d’un Reel.

Et la différence entre filmer et publier devient essentielle.

En France, être dans un lieu public ne signifie pas que son image est librement exploitable

C’est probablement l’une des idées reçues les plus fréquentes chez les créateurs.

Une personne se trouvant dans la rue n’abandonne pas automatiquement son droit à l’image.

Service-Public rappelle qu’une personne dispose du droit d’autoriser ou de refuser la reproduction et la diffusion publique de son image. Pour une personne majeure isolée et reconnaissable dans un lieu public, une autorisation est en principe nécessaire pour utiliser son image.

La CNIL rappelle également que le droit à l’image continue de s’appliquer sur Internet et qu’une personne peut s’opposer à la reproduction ou à l’utilisation de son image sans autorisation préalable.

Il existe évidemment des exceptions, notamment liées au droit à l’information, à la liberté d’expression ou à la création artistique.

Une foule filmée lors d’un événement public, par exemple, n’est pas dans la même situation qu’une personne isolée transformée en personnage principal d’un Reel.

C’est cette différence que les créateurs doivent comprendre.

« Il savait que je le filmais » ne signifie pas nécessairement « il accepte que je publie »

C’est probablement le point le plus important à retenir.

Imaginez un créateur qui approche quelqu’un dans la rue avec un téléphone visible.

La personne voit parfaitement la caméra. Elle répond aux questions. Elle sourit. Elle participe.

Peut-on automatiquement considérer qu’elle accepte que la vidéo soit publiée devant plusieurs centaines de milliers de personnes ?

Pas nécessairement.

Service-Public précise même qu’un vidéaste ne peut pas simplement se contenter du consentement de la personne à être filmée : l'autorisation concernant la diffusion doit préciser l’utilisation prévue de l’image.

C’est une distinction fondamentale :

accepter une interaction filmée n’est pas exactement la même chose qu’accepter sa publication sur Instagram, TikTok ou Facebook.

Pour un créateur professionnel, cette différence mérite d’être intégrée directement dans le workflow de tournage.

Le problème des Meta Glasses rend le consentement encore plus difficile

Avec un smartphone, il existe généralement plusieurs signaux sociaux évidents.

La personne voit le téléphone. Elle voit la caméra dirigée vers elle. Elle comprend souvent qu’un tournage est en cours.

Les lunettes connectées réduisent fortement cette friction.

Meta tente précisément de répondre à ce problème grâce à sa LED de capture. L’entreprise indique que celle-ci clignote pendant un enregistrement et que les modèles récents peuvent désactiver la caméra lorsqu’une tentative de masquage ou de manipulation de cette LED est détectée.

Mais une LED n’équivaut pas automatiquement à un consentement de publication.

Une personne peut :

  • ne pas remarquer la lumière
  • ne pas savoir ce qu’elle signifie
  • comprendre qu’elle est filmée mais ne pas savoir que la vidéo sera publiée
  • accepter l’enregistrement mais refuser ensuite sa diffusion.

C’est précisément ce qui rend ce type de contenu particulièrement sensible.

Instagram ne sanctionne pas simplement le fait de filmer avec des lunettes

Il faut également éviter une interprétation excessive de l’actualité.

Instagram n’a pas annoncé :

« Toutes les vidéos filmées sans autorisation avec des Meta Glasses sont interdites. »

Le problème mis en avant par Adam Mosseri concerne surtout les contenus dans lesquels les personnes sont exploitées, humiliées ou harcelées.

Meta continue d’ailleurs à présenter ses lunettes comme des outils de capture photo et vidéo et explique que l’utilisateur reste libre de choisir s’il importe et partage ensuite les contenus enregistrés.

Il faut donc distinguer trois niveaux différents :

1. Ce que l'appareil permet techniquement

La caméra peut enregistrer.

2. Ce que la plateforme accepte

Instagram dispose de ses propres règles de modération.

3. Ce que le droit autorise

Les règles de droit à l’image et de respect de la vie privée peuvent s’appliquer indépendamment de la décision d’Instagram de laisser ou non la vidéo en ligne.

Une vidéo peut donc techniquement être publiable sur Instagram et néanmoins poser un problème juridique.

Et inversement, une plateforme peut décider de retirer un contenu même lorsqu’aucune infraction n’a été reconnue par un tribunal.

Micro-trottoir : faut-il demander une autorisation à chaque personne ?

Pour un créateur français, la solution la plus sécurisante est relativement simple.

Lorsque quelqu’un est :

  • clairement identifiable ;
  • isolé dans l’image ;
  • au centre de la vidéo ;
  • utilisé comme participant à votre contenu ;

il est prudent de recueillir son accord concernant la diffusion.

Service-Public indique qu’en pratique l’autorisation devrait être précise concernant notamment le support, l’objectif de diffusion et sa durée.

Cela ne signifie pas nécessairement interrompre chaque vidéo avec cinq minutes de procédure administrative.

Le consentement peut être intégré intelligemment au tournage.

Par exemple :

« La vidéo est destinée à être publiée sur mes réseaux sociaux. Tu es d’accord ? »

Pour les tournages professionnels ou commerciaux, une autorisation écrite reste beaucoup plus solide.

Le meilleur workflow pour les créateurs

Voici une méthode beaucoup plus sûre pour réaliser des contenus avec des inconnus.

Étape 1 : Filmer l’interaction

Vous pouvez conserver la spontanéité qui fait fonctionner le format.

Étape 2 : Informer clairement la personne

Une fois l’interaction terminée, expliquez :

  • que la scène a été filmée
  • sur quels réseaux elle peut être publiée
  • éventuellement que le contenu est monétisé ou commercial.

Étape 3 : Obtenir l’accord

Pour les contenus importants ou professionnels, privilégiez une autorisation exploitable et conservable.

Étape 4 : En cas de refus, ne publiez pas la personne identifiable

Vous pouvez :

  • supprimer la séquence
  • flouter le visage
  • modifier le montage
  • utiliser une autre interaction.

Étape 5 : Conserver les autorisations

Une vidéo peut devenir virale plusieurs semaines ou plusieurs mois après sa publication.

Pouvoir retrouver le consentement associé à une séquence peut éviter beaucoup de problèmes.

Le floutage peut sauver énormément de contenus

Un autre réflexe extrêmement utile consiste à différencier :

la personne principale

et

les personnes simplement présentes dans le décor.

Un micro-trottoir peut contenir des dizaines de passants.

Cela ne signifie pas nécessairement que chacun doit devenir un élément identifiable du contenu.

Lorsque quelqu’un n’apporte rien à la vidéo :

floutez-le.

Les outils de tracking automatique rendent cette opération beaucoup plus simple qu’auparavant.

Le même raisonnement peut s’appliquer :

  • aux plaques d’immatriculation ;
  • aux écrans de téléphones ;
  • aux enfants ;
  • aux documents personnels ;
  • aux personnes travaillant derrière votre sujet.

Le meilleur contenu n’est pas forcément celui qui montre le maximum d’informations. C’est celui qui montre uniquement ce qui sert réellement l’histoire.

Attention également aux enfants

Les règles sont encore plus sensibles lorsqu’un mineur devient identifiable dans un contenu.

La CNIL rappelle que l’accord des parents est nécessaire avant de publier la photographie d’un mineur sur Internet.

Service-Public précise également que les parents doivent protéger le droit à l’image et la vie privée de leur enfant, notamment concernant les images diffusées sur les réseaux sociaux.

Pour un créateur réalisant des contenus dans l’espace public, la règle pratique peut donc être très simple :

si un enfant identifiable n’est pas indispensable à votre contenu, évitez de le montrer ou floutez-le.

Pourquoi le problème va probablement s’amplifier

Les Meta Glasses ne constituent qu’une étape supplémentaire dans la miniaturisation des caméras.

Le smartphone avait déjà rendu possible le tournage permanent. Les lunettes rendent maintenant la caméra beaucoup moins visible.

Meta affirme que des millions de personnes utilisent déjà quotidiennement ses lunettes IA et présente la confiance des personnes environnantes comme un élément important de leur adoption.

Cela signifie que les plateformes vont progressivement devoir répondre à une question de plus en plus difficile :

comment distinguer une scène spontanée, une création artistique, un reportage, une plaisanterie et l’exploitation d’une personne qui ne voulait jamais devenir du contenu ?

L’enquête publiée le 16 août montre que la modération automatique n’est pas encore capable de résoudre parfaitement ce problème.

Et c’est aussi une question de confiance avec son audience

Il existe enfin une dimension qui n’est ni juridique ni algorithmique.

La confiance. Les créateurs sont de plus en plus nombreux. Les outils de production sont de plus en plus accessibles.

L’intelligence artificielle permet de produire davantage de contenus. Les lunettes connectées permettent de filmer davantage de moments.

Dans cet environnement, la véritable différenciation peut devenir :

la façon dont un créateur traite les personnes qui participent à son contenu.

Un Reel peut réaliser deux millions de vues. Mais si son succès repose sur l’humiliation d’une personne qui n’avait jamais demandé à devenir le personnage principal d’une vidéo, la performance peut coûter beaucoup plus cher que ce qu’elle rapporte.

Créateurs : la viralité ne doit pas supprimer le consentement

L’affaire des Meta Glasses ne signifie pas la fin des micro-trottoirs, des vidéos spontanées ou des interactions avec des inconnus.

Ces formats continueront probablement à fonctionner. Mais leur professionnalisation impose également de professionnaliser ce qui se passe derrière la caméra.

Demander une autorisation. Conserver cette autorisation. Flouter lorsque cela est nécessaire. Respecter un refus.

Ne pas transformer quelqu’un en contenu uniquement parce que la technologie permet de le filmer discrètement.

C’est peut-être moins spectaculaire qu’un nouvel algorithme Instagram.

Mais pour les créateurs qui veulent construire une audience durable et une véritable activité, c’est probablement beaucoup plus important.

La visibilité attire l’attention. La confiance permet de la conserver.

FAQ

Peut-on filmer quelqu’un dans la rue en France ?

La situation dépend du contexte, mais la possibilité de filmer et celle de diffuser publiquement l’image doivent être distinguées. Lorsqu’une personne majeure est isolée et reconnaissable dans un lieu public, son autorisation est en principe nécessaire pour utiliser son image, sous réserve de différentes exceptions.

Peut-on publier une vidéo si la personne savait qu’elle était filmée ?

Le simple fait qu’une personne accepte d’être filmée ne signifie pas automatiquement qu’elle accepte toutes les utilisations ultérieures de son image. Service-Public précise que l’autorisation de diffusion doit être suffisamment précise.

Les micro-trottoirs sont-ils interdits sur Instagram ?

Non. Instagram n’a pas interdit les micro-trottoirs de manière générale. La controverse actuelle concerne notamment les vidéos pouvant exploiter ou harceler des personnes filmées, particulièrement avec des dispositifs discrets comme les Meta Glasses.

Instagram interdit-il les vidéos tournées avec des Meta Glasses ?

Non. Meta commercialise précisément ses lunettes pour permettre, entre autres usages, de prendre des photos et vidéos. Les contenus restent toutefois soumis aux règles de la plateforme.

Une personne peut-elle demander le retrait d’une vidéo ?

Oui. Service-Public indique qu’une personne dont l’image est diffusée sans autorisation peut notamment demander son retrait à l’auteur puis, si nécessaire, engager d’autres démarches.

Faut-il une autorisation pour publier l’image d’un enfant ?

La protection est renforcée pour les mineurs et l’accord des représentants légaux doit notamment être pris en compte.

Sources

Business Insider : enquête publiée le 16 août 2026.

Investigation sur la persistance de vidéos de harcèlement tournées avec des Meta Glasses malgré les mesures annoncées par Instagram.

Meta : Newsroom, juillet 2026.

Documentation officielle sur le fonctionnement des Meta AI Glasses, la LED d’enregistrement et les mécanismes empêchant sa neutralisation.

Meta Transparency Center.

Règles et politique relatives au harcèlement sur Facebook et Instagram.

Service-Public.fr.

Référence française sur le droit à l’image, l’autorisation de diffusion, les personnes reconnaissables dans les lieux publics et les principales exceptions.

CNIL.

Rappel de l’application du droit à l’image sur Internet et des droits relatifs à la diffusion d’une image sans autorisation.

À retenir

Une bonne stratégie ne consiste pas seulement à publier plus. Elle consiste à guider votre audience vers une action claire.

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À retenir

Un bon contenu ne doit pas seulement être lu. Il doit guider vers une décision.

Si cet article t’a aidé à clarifier ta stratégie, la prochaine étape consiste à rendre ton profil, tes liens, tes offres et tes réservations plus simples à comprendre.